
Fantasmé pour l’été* (Rêvé pour l’hiver)
À Éléonore. (À Elle.)
L’été renaît… faut-il fleurir le jardin rose,
Malgré mes pensers bleus ?
Car le deuil flétrit mon cœur meurtri ; là repose,
Cadavre frais, moelleux,
La belle Éléonore, qui reste de glace
Devant mes grimaces des soirs,
Outrées, pour dérider la bonne populace
En vieux habits et chapeaux noirs.
Des vers en satin blanc l’ont toute égratignée
De baisers longs et froids, comme de l’araignée,
Des pieds jusques au cou…
Mais… miracle ! — Boris ! Tu te grattes la tête ?
Mais quoi ? Je suis vivante, que tu es donc bête,
Bête et même beaucoup…
* Pour ajouter à la contrainte, j’ai respecté, du poème de Rimbaud, la distribution des vers en hexa- octo- et dodécasyllabes.

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