
(Aux vivants, bientôt morts…)
Je ne suis plus qu’un corps, déserté de l’esprit ;
Jadis, j’avais une âme, elle a filé, la garce !
Le réel, quel fléau, si ce n’est une farce…
Quel malheur d’être né ! Et quel cœur s’en déprit ?
Triste pensum, la vie, soufferte pour mourir,
Au milieu des douleurs qu’aucun bonheur n’empêche ;
Sachons qu’au dernier jour, une Faux nous dépêche,
Et portons ce fardeau, car il faut l’encourir.
Ne plus rien espérer, vidé de certitude,
Tout quitter, sans la foi et fuyant les discours,
S’avancer vers sa fin, au mépris des secours.
Adieu, dur Univers ! Las, sans béatitude,
J’épouse le Néant et te fuis pour toujours…
— Je ne suis plus qu’un mort, le tombeau de l’amour…

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