
Un degré à la fois, je monte ou je descends
Vers le Ciel ou l’Enfer ; ce va-et-vient dépend
De l’élan de mon cœur ou du chagrin de l’heure,
Qui exalte ma joie pour dorer ma demeure,
Ou me couvre d’ennui en peignant tout de gris,
Flétrissant par des pleurs mes vieux traits amaigris.
Contre un fatal décret, j’en appelle au miracle,
Pour ne pas succomber à l’ultime débâcle.
Je descends tristement l’escalier de la Mort,
Pour parapher, vaincu, l’ultime arrêt du sort.
Terrassé sous un poids qui charge ma poitrine,
Je m’enterre au tombeau, sans yeux et sans doctrine.
Athée, mort à la foi, je voudrais consoler
Mon esprit assombri qui trépasse, isolé,
Par des rêves transis pour la vie éternelle,
Transcendant par l’amour les extases charnelles. —
Mais, malheur, moi Mortel, je supporte ma croix,
J’obéis, sans secours, à la Mort et sans voix !
—
Le sort en est jeté, quand les marches franchies
Se rompt le fil d’argent de mon âme affranchie…

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