En Mémoire du Poète Inconnu // Rimer avec Leiris

(sur les rimes du poème : Poésie ?)

Pour les Poétesses et Poètes curieuses* parmi vous, j’ai traduit et adapté ce poème en décatesserasyllabes ou décatetrasyllabes (14 syllabes, en grec δεκαteσερασύλλαβα ou δεκατετράσύλλαβα), vers rarement utilisés, sinon jamais, et dont les règles sont à ce jour mal répertoriées.

Léthé… je bus… seul… à ton fleuve… et j’oubliai mon nom**…
En asséchant la source de mes sens… dans un sanglot
Pour moi… mortel enfanté de l’impérissable Nous,
Et les âmes claires… fleuries et fières parmi nous…

Mais qu’un plus sûr malheur poursuive celles noires qui,
Contemptrices du Temple des Jours depuis trop d’années,
Rôdent aveugles dans l’Hadès et la nuit de la Mort
Qui soufflera leur vie comme un Olympe de papier…

* Cet accord n’est pas fautif, car il est temps, au XXIe siècle, que le féminin l’emporte sur le masculin. Êtes-vous d’accord, les filles ? ;-)

** Par la grâce des dieux, ce Poète devint, dans le cours des âges archaïques, anonyme… Et depuis ce temps, chaque année se dirige vers le temple d’Apollon à Delphes une chapelle de poètes et d’esthètes nostalgiques et recueillis, pour aller visiter le tombeau de ce Poète Inconnu, mort, en cette vie lointaine, dans un combat inégal, dans une lutte sans merci contre une strophe rebelle aux vers anarchisants, quoique bien rangés en ordre de bataille, mais déconcertant, et contre laquelle notre héros n’eut aucune chance. N’ayant su maîtriser ces vers, malgré son génie, ce sont les vers qui surent avoir raison de lui…

Recueillons-nous en esprit, Poétesses et Poètes d’aujourd’hui, devant le tombeau de ce héros des temps anciens qui fut tant aimé de la Muse lyrique, la plus belle parmi ses augustes sœurs.


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