Lettre à Quelqu’un

Cher Quelqu’un, bonjour,

Je vous remercie pour vos bons mots, ô Quelqu’un, mais vous savez bien que je suis insensible aux éloges, bien que j’adore en recevoir, alors ne soyez pas chiche sur l’encens, surtout qu’à distance je le sens moins et par conséquent j’en suis moins incommodé ; quant à moi, je trouve votre humour souvent profond bien qu’acide aux encoignures et obscur, parfois, ce qui a son charme, surtout les lundis matins brumeux et ensoleillés ; quant à Elle, une « She » comme il ne s’en fait plus, je découvre en elle une grande poétesse et une gentille petite fille (n’est-ce pas qu’elle est adorable ?), pleine d’amour et de sollicitude pour les phoques, surtout virtuels, c’est moins encombrant dans une piscine ; elle est de plus une grande amoureuse de la nature (malgré qu’elle soit une petite fille, nous l’avons souligné pour lui faire plaisir, qu’elle en soit reconnaissante), amoureuse même des êtres humains, ce qui est méritoire de nos jours (et de tout temps selon Cicéron, si mes sources sont exactes). Bon, ces bons mots étant dits (nous nous sommes bien régalés, n’en n’abusons pas) nous sommes quittes, nous pouvons donc passer à autre chose d’inintéressant ; à la revoyure, mais prenez bien votre temps car j’ai des trucs à faire en retard, comme jeter des MP à la mer des Sarcasmes. Je dois heureusement m’arrêter ici, et c’est bien à regret si je mets un terme à ce flattage d’ego mutuel, si bon à relire en période de dépression poétique saisonnière.

Je vous remercie d’avoir eu la patience et le plaisir de me lire et soyez assurés que j’éprouve le même plaisir en me relisant ; rien d’étonnant pour ma modestie proverbiale. Bon, cette fois-ci c’est du sérieux, je vous laisse à votre sort pathétique et je compatis avec vous d’être si malchanceux dans la vie, car je sais que votre souffrance est incommensurable ; votre ennemi favori m’en a glissé un mot (le sourire sadique aux dents), ce grand expert ex choses humaines et divines, ce qui pour lui est tout un, vous l’aurez compris, bien que j’en doute car votre esprit n’a jamais été entraîné aux profondeurs métaphysiques ancestrales et d’un autre âge ; pardonnez la redondance, je devais insister pour ne pas rater mon coup, une autre de mes qualités, la prévoyance et le souci d’être toujours bien compris par l’autre, souvent si bouché et idiot – je ne parle pas de vous, bien sûr, quoique… si vous le prenez personnel je n’y peux rien, c’est votre problème…

Adieu, très cher, et d’ici à ce que nous ne nous revoyions pas, bien que ce serait dommage, car je suis beau bonhomme, mes salutations à Pin-Up et Phok-Phok.

Prenez-en bien soin, la vie est sans prix, surtout enveloppée de fourrure (c’est bien de la vraie, la leur ?)

Bon, cette fois je vous quitte pour vrai, je suis épuisé, je n’ai jamais pu supporter l’humour, mais sachez que c’est normal de nous vanter l’un et les autres puisque nous sommes des êtres exceptionnels, tout le monde en convient, enfin, presque tout le monde, y compris parmi les sommités du Comité central si l’on en croit la rumeur – je parle de la rumeur réglementaire, bien entendu.

Ah ! comme cela fait plaisir de se flatter dans le bon sens du poil ! mais n’en n’abusons pas, c’est risqué, surtout quand l’on devient chauve et que nous sommes en déficit de collagène (bon, j’avoue, je n’ai jamais été très fort en biologie moléculaire animale (vous me comprenez ?)

Je vous tire mon chapeau noir bien bas et ne manquez surtout pas de transmettre mes sincères salutations à Pin-Up et Phok-Phok. J’insiste !

Untel.


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